Pierre Jean Léonard de SCHILDT (1795-1879)
Né à Hazebrouck le 21 novembre 1795, ordonné prêtre en 1824, vicaire à Steenwerck (1824), curé à Saint-Sylvestre-Cappel (1832), du Doulieu (1841) puis à Téteghem (1851) où il meurt subitement le 1er juin 1879 (1).
Le 1er juin étant un dimanche, il serait décédé d'une crise cardiaque pendant l'office. « Il y a deux mystères en ce monde : comment suis né, ne me rappelle, comment mourrai, je ne le sais. » (2)
Augustin Dominique DEVICK (1728-1816)
Né à Bergues le 10 mars 1728. Curé de Téteghem depuis 1766, il est déporté le 15 mai 1791 pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé (3). Rentré à Bergues en janvier 1808, il y mourra le 17 juillet 1816 (4).
Augustin Devick est un prêtre réfractaire, demeuré fidèle à l'Église traditionnelle. De ceux qui se cachaient pour administrer les sacrements, au péril de leur vie, comme Balzac le relate dans l'une de ses nouvelles (5).
Guillaume Joseph Érasme Van Cappel (1752-1794)
Né à Lederzeele le 11 novembre 1752, vicaire de Brouckerque, curé constitutionnel nommé à Téteghem en avril 1791.
Son serment ne le protègera pas des poursuites politiques sous la Terreur.
Le 14 messidor an II (2 juillet 1794), on l'emprisonne (6) pour s'être plaint de l'intolérance des Républicains, d'avoir dit « que ceux qui n'allaient pas à confesse pouvaient se dispenser d'aller à l'église ; que ceux qui n'étaient pas catholiques feraient mieux de rester chez eux que de venir gêner les autres à l'église dans l'exercice de leur culte », d'avoir ajouté « que la France était dans le malheur, que les pères et les mères étaient privés de leurs enfants à cause de leurs péchés » (7). Rendu suspect par ses propos, Van Cappel est guillotiné à Paris le 1er thermidor an II (19 juillet 1794), 2 348e victime d'une longue liste de 2 795 exécutions (8). Sa tête tombe huit jours avant la chute de Robespierre, le 9 thermidor (27 juillet).

Acte de baptême signé de Guillaume Van Cappel (Archives départementales du Nord, Téteghem/N 1791-1798)
Gérald et Guy
1- Chanoine Émile MASURE, Le clergé du diocèse de Cambrai 1802-1913, Roubaix, 1913, p. 149.
2- Alexandre SOLJENITSYNE, La maison de Matriona, Livre de Poche, 1974, p. 70.
3- Décret adopté par l'Assemblée nationale constituante le 12 juillet 1790, la Constitution civile du clergé soumet l'Église à l'État. Elle sera abrogée en 1801.
4- Chanoine Émile MASURE, op. cit., p. 160.
5- Honoré de BALZAC, Un épisode sous la Terreur, 1831.
6- Archives nationales, W119, Tribunal révolutionnaire, pièces de l'accusateur public, 1790-1794, pièce 130.
7- Amans Claude SABATIÉ, Le Tribunal révolutionnaire de Paris, origine, évolution, principaux procès et ses victimes dans le clergé, 1912, p. 358.
8- Liste des victimes du Tribunal révolutionnaire à Paris, Paris, Librairie Alphonse Picard et fils, 1911.